lundi 19 janvier 2015

Semaine du 12 janvier 2015

Le rythme dans le récit : 

  • Le sommaire: Quand certains événements n'ont pas un intérêt primordial pour la compréhension de l'histoire (n'oubliez pas que tout fait sens dans un récit écrit !), l'auteur choisit de les taire ou les condense en quelques lignes.
 Exemple : Dans Jacques Damour de Zola les mois qui séparent l’échappée de prison de Jacques et son retour à Paris sont résumés. Cela tient au genre particulier de la nouvelle qui cherche à être efficace. L’auteur ne peut s’étendre sur des actions secondaires. 
  • La scène : Le temps du récit est identique à celui de la narration. Le procédé le plus utilisé est le dialogue. Quoi de plus réaliste que le dialogue ? ! Zola s’amuse parfois à retranscrire les accents de chacun pour que le dialogue puisse refléter le milieu social des personnages. C’est aussi une excellente manière de rendre le récit plus vivant. Imaginez un film où les acteurs ne parleraient jamais…. Et qu’une voix off commente leurs pensées et leurs paroles jamais exprimées … On s’ennuierait…et on ne pourrait s’attacher aux personnages. De plus, le dialogue détient une force particulière du point de vue de la dramaturgie : nous nous approchons des personnages, nous saisissons leurs non-dits, leurs manies, leur caractère, comme un gros plan au cinéma. C’est d’ailleurs pour cela que les scénaristes retiennent ces confrontations entre personnages lors de l’adaptation d’un roman : preuve que ces dialogues constituent souvent des moments clé d’une histoire.
·         La pause : Il s’agit pour l’auteur de suspendre le temps. Au cinéma, il s’agirait d’effectuer un balayage avec la caméra pour montrer le décor. Dans le roman, la description tout en suspendant le récit ancre celui-ci dans un cadre imaginable. Même si c’est ce que certains redoutent dans leurs lectures (« trop de descriptions » est le défaut reproché aux auteurs par de nombreux élèves qui viennent de finir  « un Balzac » ou « un Zola » comme on dit familièrement) la description est nécessaire à la compréhension de l’action. Encore une fois, imaginez un film tourné sur fond vert, sous prétexte que la description du cadre a peu d’importance…Au revoir les effets spéciaux, les atmosphères poétiques, au revoir le rêve…. Bonjour l’angoisse.
  • L'ellipse : Taire certains événements pour en mettre en valeur d’autres.
Exemple : « En le voyant entrer Mme de Rênal se jeta vivement hors de son lit. — Malheureux ! s’écria-t-elle. Il y eut un peu de désordre. Julien oublia ses vains projets et revint à son rôle naturel ; ne pas plaire à une femme si charmante lui parut le plus grand des malheurs. Il ne répondit à ses reproches qu’en se jetant à ses pieds, en embrassant ses genoux. Comme elle lui parlait avec une extrême dureté, il fondit en larmes.
Quelques heures après, quand Julien sortit de la chambre de Mme de Rênal, on eût pu dire en style de roman, qu’il n’avait plus rien à désirer. En effet, il devait à l’amour qu’il avait inspiré, et à l’impression imprévue qu’avaient produite sur lui des charmes séduisants, une victoire à laquelle ne l’eût pas conduit toute son adresse si maladroite. » 
On voit à travers cette ellipse de quelques heures que le récit de la nuit avec madame de Rênal n’est pas le plus important, c’est la victoire symbolique de Julien sur sa peur qui l’est. Cela permet aussi à Stendhal de prendre une certaine distance ironique, vis-à-vis de son personnage et de faire une sorte de clin d’œil au lecteur pour lui signifier qu’il se refuse à détailler ce qu’attendraient des lecteurs trop « romanesques ».

·         Le ralenti : Faire durer une action, la décortiquer pour lui donner une plus grande valeur dramatique.
 Exemple : Les rencontres : Celle de Mme de Rênal et Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir de Stendhal (XIXème : mouvement : Réalisme) (chapitre 6 de la première partie), la rencontre entre amour et fascination réciproque de Mme de Clèves et le duc de Nemours : La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette (XVIIème : mouvement : Classicisme)





mercredi 3 décembre 2014

semaine du 1 décembre

Le conseil de classe est passé ! Marwane est parti en Arabie Saoudite à Djeddah il me semble. C'était une semaine pleine d'émotions...

Mardi 2 décembre : Les points de vue ou focalisations

p456, 457


  1. Le point de vue omniscient ou focalisation zéro
  2. Le point de vue interne ou focalisation interne
  3. Le point de vue externe ou focalisation externe


Nous avons écrit une phrase simple et vous deviez la transformer jusqu'à la caricature pour que le point de vue soit identifiable.

Une fille monte en courant dans le train à quai.


  1. Lucienne, craignant d'être en retard, parce qu'elle n'avait pas été attentive à l'heure qui passait, selon son habitude,  monta en courant dans le train 9237 en direction de Lyon, ville qui dans l'antiquité avait pour nom Lugdunum. 
  2. .......
  3. .........

Pour samedi 6 décembre : finir les phrases et faire les exercices 2 et 3 p 457



vendredi 5 décembre : après-midi orientation
 au Grand Palais.
 RDV : 13h45 dans le hall du lycée.

Semaine du 17 novembre

Analyse du texte des frères Goncourt : Germinie Lacerteux

Vous avez pu délimiter les différents mouvements du texte. Celui-ci consiste en une description de la proche banlieue parisienne au XIXème au moment des grands chantiers d'Haussmann. Les auteurs se sont attachés à en faire une description précise  que l'on peut ainsi qualifier de réaliste. Mais cette description, par les procédés de répétitions, accumulations et même par une certaine musicalité ne renonce pas à la poésie de la langue au profit d'un réalisme froid et purement urbanistique. 
Ce qui est étonnant dans cette description c'est qu'elle est organisée autour de connecteurs temporels et non pas spatiaux. En effet, les connecteurs "alors","bientôt", "Quelquefois" donnent l'impression que le tableau se déroule sous les yeux du personnage de Germinie au fur et à mesure de sa propre marche et selon le temps qui passe. Cela donne une impression de vivacité qui ne rend pas le tableau figé mais vivant.   

Ce texte est un bon moyen de rentrer "dans Paris"  et dans le réalisme du XIXème.  

Pour le 22 novembre : Montrez que certains détails sont mis en valeur dans cette description. Par quels procédés ?

Samedi 15 novembre

Séquence 2 : Le roman et la nouvelle au XIXème

 Réalisme et naturalisme.


Histoire du roman : Nous avons pu voir que le personnage de roman a évolué durant les siècles. Il est passé du statut de héros à celui de personnage ordinaire.

p 24, 25 dans le manuel. Textes de Chateaubriand, Balzac, Maupassant et Zola. 
Nous avons pu remarquer à travers ces textes que le héros romantique était toujours de mise au XIXème et que malgré la volonté des auteurs de peindre un aspect de la société à travers des personnages, la langue utilisée ne renonçait pas à une certaine poésie. En effet, les images utilisées, les métaphores notamment nous permet de le penser.

Le statut du narrateur : p 454, 455 
Narrateur extra-diégétique : qui ne fait pas partie de l'histoire (3ème personne)
Narrateur intra-diégétique : qui fait partie de l'histoire (1ère personne)

Exercice sur le texte de Flaubert : Bouvard et Pécuchet
Le narrateur est bien extra-diégétique mais cela ne l'empêche pas d'intervenir par le biais de la parole des personnages notamment celle de Pécuchet qui juge assez sévèrement l'oeuvre de Balzac. 

Accompagnement personnalisé : création d'une liste d'exemple en vue de la dissertation.
A chaque lecture d'une oeuvre vous devez vous poser les questions suivantes : 
1) Cette oeuvre me fait-elle penser à une autre oeuvre ? De quelle oeuvre puis-je la rapprocher ? Pourquoi ?
2) En quoi cette oeuvre me para^t-elle originale ?


ex : La Mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé: Cette oeuvre ressemble à une tragédie parce que la mort du roi est annoncée comme une fatalité mais ce roman peut aussi se rapprocher d'un conte parce que ni le lieu, ni le moment ne sont précisés. Un des personnages doit accomplir une sorte de mission dictée par son père qui l'amène dans un parcours initiatique à découvrir le secret du bonheur. Ce texte a donc une portée morale.

lundi 3 novembre 2014

Mardi 14 octobre

Sortie pour la prévention contre le sida.
  Pas de cours

Samedi 11 octobre

En demi-groupe : Les différents mouvements poétiques de la fin du XIXème à nos jours. (p367 et 368 du manuel.
Vous ne connaissiez pas Exercices de style de Raymond Queneau, en voici un extrait.


Résumé

Cet ouvrage singulier est une série de 99 textes courts évoquant la même histoire de 99 façons différentes.
L'histoire elle-même tient en quelques mots.
Le narrateur rencontre dans un bus bondé de la ligne S un jeune homme au long cou, coiffé d'un chapeau mou. Ce jeune homme échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s'asseoir à une place devenue libre. Deux heures plus tard, le narrateur revoit ce jeune homme devant la gare Saint- Lazare . Il est alors en train de discuter avec un ami. Celui-ci lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.

4 extraits d’Exercices de style

 

Notations

« Dans l'S, à une heure d'affluence. Un type dans les vingt-six ans, chapeau mou avec cordon remplaçant le ruban, cou trop long comme si on lui avait tiré dessus. Les gens descendent. Le type en question s'irrite contre un voisin. Il lui reproche de le bousculer chaque fois qu'il passe quelqu'un. Ton pleurnichard qui se veut méchant. Comme il voit une place libre, se précipite dessus.
Deux heures plus tard, je le rencontre cour de Rome, devant la gare Saint- Lazare. Il est avec un camarade qui lui dit : "tu devrais faire mettre un bouton supplémentaire à ton pardessus."; il lui montre où (à l'échancrure) et pourquoi ».

En partie double

« Vers le milieu de la journée et à midi, je me trouvai et montai sur la plate-forme et la terrasse arrière d'un autobus et d'un véhicule des transports en commun bondé et quasiment complet de la ligne S et qui va de la Contrescarpe à Champerret. Je vis et remarquai un jeune homme et un vieil adolescent assez ridicule et pas mal grotesque : cou maigre et tuyau décharné , ficelle et cordelière autour du chapeau et couvre-chef. Après une bousculade et confusion, il dit et profère d'une voix et d'un ton larmoyants et pleurnichards que son voisin et covoyageur fait exprès et s'efforce de le pousser et de l'importuner chaque fois qu'on descend et sort. Ceci déclaré et après avoir ouvert la bouche, il se précipite et se dirige vers une place et un siège vides et libres.
Deux heures après et cent vingt minutes plus tard, je le rencontre et le revois cour de Rome et devant la gare Saint-Lazare. Il est et se trouve avec un ami et copain qui lui conseille de et l'incite à faire ajouter et coudre un bouton et un rond de corozo à son pardessus et manteau ».

Litotes

« Nous étions quelques-uns à nous déplacer de conserve. Un jeune homme, qui n'avait pas l'air très intelligent, parla quelques instants avec un monsieur qui se trouvait à côté de lui, puis il alla s'asseoir. Deux heures plus tard, je le rencontrai de nouveau ; il était en compagnie d'un camarade et parlait chiffons.»

Rétrograde

« Tu devrais ajouter un bouton à ton pardessus, lui dit son ami. Je le rencontrai au milieu de la cour de Rome, après l'avoir quitté se précipitant avec avidité vers une place assise. Il venait de protester contre la poussée d'un autre voyageur, qui, disait-il, le bousculait chaque fois qu'il descendait quelqu'un. Ce jeune homme décharné était porteur d'un chapeau ridicule. Cela se passa sur la plate-forme d'un S complet ce midi-là ».

Contrepèteries

"Un mour, vers jidi, sur la flate-porme d'un arrobus, je his un vomme au fou lort cong et à l'entapeau chouré d'une tricelle fessée." 

Pour lire la suite, courez l'acheter...

En classe entière
Nous avons abordé un groupement de textes sur un thème particulièrement présent dans la poésie du XIXème et du XXème : la ville. Les auteurs sont de mouvement littéraire différent : André Breton est surréaliste, Arthur Rimbaud, symboliste et Leopold Sedar Senghor issu de la Négritude.


Pour vendredi 17 octobre : Qu'est ce que la Négritude et rédigez un paragraphe sur la vision de Rimbaud dans son poème "Les ponts"

vendredi 10 octobre

Distribution du devoir à faire pour la rentrée sur Les Fleurs du Mal de Baudelaire et de la liste de romans dans laquelle un roman est à choisir et à lire pour la rentrée. 


Des lectures dans lesquelles piocher, les yeux fermés


La mort du roi Tsongor Laurent Gaudé  Une épopée passionnante dans un monde mythique inventé avec des héros tragiques et extraordinaires. Prix Goncourt des Lycéens. *

Le Soleil des Scorta, Laurent Gaudé  Splendide saga d’une famille maudite des Pouilles (Italie du Sud). Tragique et incandescent. *

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee  Récit d’une petite fille dans une Amérique des années 30 sclérosée par ses préjugés. Superbe roman qu’il est impossible de lâcher du début à la fin. *

Globalia, Jean-Christophe Rufin  Baikal se révolte contre le monde de Globalia. Il essaie d’entraîner avec lui Kate. Roman d’anticipation, roman d’aventures, roman d’amour qui nous conduit à décrypter notre monde mondialisé. Passionnant et lumineux. *
L’Abyssin, Jean-Christophe Rufin. L’histoire d’un médecin spécial ! Si vous aimez, la suite vous attend…
Emma, Jane Austin. Livre long. Langue magnifique. Une plongée dans l’Angleterre du XIXème.
Une Gourmandise, Muriel Barbery. C'est un vieil homme qui s'éteint, péniblement alité. Pas n'importe quel homme, mais le plus grand critique gastronomique du monde. Il cherche un souvenir gustatif sans pouvoir le trouver. C’est un livre DELICIEUX. Pour tous ceux qui aime déguster…

Une ardente patience, Antonio Skarmetà  Très joli livre qui parle de la belle amitié entre le poète chilien Pablo Neruda et Mario, un facteur exceptionnel. *

Une Prière pour Owen, Jhon Irving : Un pavé de bœuf, bien saignant, un régal….

Le colosse d’argile, Philippe Fusaro  Histoire d’un boxeur pas comme les autres. Tout jeune auteur strasbourgeois que l’on a pu croiser chez Quai des Brumes, librairie strasbourgeoise passionnante. Touchant. *

Un Secret, Philippe Grimbert  Autobiographie réelle magnifique. Où l’on éprouve terreur et pitié.

La joueuse de go, Shan Sa  Très belle histoire d’amour entre une joueuse de go mandchoue et son adversaire et ennemi, officier japonais dans les années 30. *

La jeune fille à la perle, Tracy Chevalier  Fiction autour du peintre Vermeer et d’une jeune fille employée de maison qui va devenir son modèle. Joli roman d’amour. *

Neige, Maxence Fermine  Très joli petit livre aussi suggestif qu’une estampe japonaise qui raconte l’histoire d’un jeune auteur de haïkus dans un Japon fascinant. *
Pourquoi j’ai mangé mon père, Roy Lewis, une famille préhistorique en évolution… C’est plein d’humour malgré le sujet qui paraît lointain…

Des souris et des hommes, John Steinbeck  Georges Milton et Lennie Small sont des amis
d'enfance en fuite, que leur errance sur les routes de Californie conduit à travailler comme journaliers de ranch en ranch. Leur histoire va devenir tragique. Beau ! *

L’Attentat
, Yasmina Khadra  Israël/Palestine : lumineux ! *

Siegfried, une idylle noire, Harry Mulisch  Roman plébiscité par les lycéens d’Europe. Une fiction déroutante qui tente d’appréhender la figure d’Hitler. *

Des fleurs pour Algernon
, Daniel Keyes  Roman de science fiction. L’histoire d’un simple d’esprit qui grâce à un traitement devient un génie. Tragique et splendide. *

Le Ventre de l’Atlantique
, Fatou Diomé
Salie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l'y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l'immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissent les footballeurs sénégalais…
La Promesse de l’aube, Romain Gary. Une autobiographie bouleversante qui fait passer du rire aux larmes dans la même page !
L’école des femmes, André Gide, Une histoire racontée sous plusieurs angles…
Les Diaboliques, Barbey d’Aurevilly, des nouvelles troublantes…
Pour les lecteurs modestes
Le Passeur, Loïs Lowry : un monde idéal, pas si idéal…

Cherub, Robert Muchamore. Série efficace.